Les habitudes de vie et les modes de pensée dans le royaume normand de Sicile "offraient, surtout à Palerme, ville trop byzantine, trop musulmane, trop chrétienne, un spectacle haut en contrastes et plein de charme. Dans chaque rue se côtoyaient les ethnies les plus diverses et s'entremêlaient les langues les plus hétérogènes, mélange fascinant dont les divers composants résistaient à l'assimilation : les prières des muezzin et les psaumes des bénédictins de l'église San Giovanni degli Eremiti, les chants et les homélies du clergé grec à côté du harem. Un souverain, Guillaume II, se proclama protecteur des chrétiens, ordonna la fondation du monastère de Monreale, s'habillait et mangeait comme les musulmans et, lors d'un tremblement de terre, invita ses proches "à prier chacun le Dieu qu'il adore et en qui il croit : celui qui a foi en son Dieu, avait-il précisé, jouira de la paix du coeur".
Salvatore Tramontana,
in : "Les Normands, peuple d'Europe", Paris, 1994, p. 287.
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Lectionnaire du Mont-Cassin
Charte, Palerme
Pierre épigraphique quadrilingue, Palerme