Les nouvelles acquisitions
en 2001
Louis Adolphe HERVIER (Paris, 1819 – Id., 1879)
Vue du Cours à Caen
plume, encre et aquarelle. 1864
11 x 13,5 cm
Adolphe Hervier fait partie de ces peintres voyageurs qui, au XIXe siècle, trouvèrent principalement leur inspiration dans les paysages beaucerons, picards, ou bien encore normands.
Encouragé par Corot, loué par les frères Goncourt, Hervier ne parviendra cependant pas à percer de son vivant, et aujourd'hui encore, malgré quelques beaux ensembles (au Musée des beaux-arts de Dijon, notamment), il reste assez peu représenté dans les collections publiques françaises.
Hervier a produit un grand nombre d'œuvres sur papier, pour la plupart signées, datées et commentées : c'est le cas de ce dessin, qui représente l'un des Cours de Caen au milieu du siècle. Il s'agit très certainement du Cours situé près de la Prairie, ce grand espace vert qui, au cœur de la ville, fut et demeure l'un des lieux de promenade favoris des Caennais. L'artiste, dont on sait qu'il sillonna souvent la Normandie, représente en arrière-plan l'enchevêtrement des habitations populaires, où prédomine encore le bois. C'est là, sans doute, qu'il faut chercher l'auberge dont il dessine le visage de la propriétaire et dont on peut lire, dans son commentaire, que " quand on était couché, il fallait avoir son parapluie à la main pour ne pas avoir la pluie du ciel " .
Au premier plan, une foule compacte s'affaire. Marché improvisé, étals de vendeurs ambulants,… S'il ne s'agit pas d'un dessin " sur le vif " (Hervier précise qu'il reprend une étude réalisée en 1847), cette petite scène illustre cependant avec brio l'effervescence qui régnait alors dans les quartiers anciens de la ville.
Bibliographie :
• Lydia HARAMBOURG, Dictionnaire des peintres paysagistes français au XIXe siècle , Neuchâtel, 1985. |
Michel Adrien SERVANT (Paris, 1885 – Cherbourg,1949)
Paysans au marché de Valognes
Aquarelle et gouache sur papier. Vers 1925
28 x 36,5 cm
Cette aquarelle fait sans aucun doute partie d'une série intitulée Paysans au marché de Valognes , qui fut exposée en 1928 dans une galerie d'art de Cherbourg, puis au Salon des Artistes Normands. De cette série furent tirés des lithographies et un album, Les marchés de chez nous .
Michel Adrien Servant est une figure importante de Cherbourg, ville dont est originaire sa femme et où il s'installe définitivement en 1912 : conseiller municipal dans les années trente, créateur d'une grande revue au Théâtre et surtout peintre-décorateur, il a laissé son empreinte tant dans sa ville d'adoption que plus largement en Normandie, devenant l'un des " artistes normands " les plus appréciés de la première moitié du siècle.
Diplômé de l'École Estienne, à Paris, Servant ne débute véritablement sa carrière qu'au début des années vingt, auprès du peintre anglais Brangwyn dont il est l'assistant pendant deux ans. Dès son retour, les commandes affluent, tant publiques que privées : à Cherbourg, notamment, il exécute les peintures murales d'un collège (1923), mais aussi celles qui ornent la salle des corporations de la Chambre de Commerce (1933) ou la rotonde de l'Hôtel de Ville (1938) ; en 1930, il décore la salle des mariages de la mairie de Villedieu-les-Poëles,.
Mais Servant s'illustre également dans la peinture (portraits et paysages), l'illustration et est même tenté, un temps, par la bande dessinée. L'œuvre acquise par le Musée de Normandie constitue donc un précieux témoignage de cet artiste qui croque là, non sans humour, quelques " tronches " rencontrées au hasard de ses promenades cotentinaises.
Bibliographie :
• C. Guénolé, " Un témoin de son temps. Michel Adrien Servant ", revue Le Viquet n°125, 1999
• Regards de peintres en Cotentin, XIXe-XXe siècles , Festival en Cotentin, 1993. |
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